10 Octobre 2011

LE JOURNAL DU MATIN
Le débat a été relancé la semaine dernière par le biais d'une pétition partie de Suisse alémanique. 91’816 signatures récoltées en un peu plus de trois mois ont été remises à la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique. Les pétitionnaires protestent contre l'introduction, dans trois ans, d'un programme de cours harmonisé dans tous les cantons. Les adversaires de l'éducation sexuelle aux enfants se sont aussi émus du matériel destinés aux écoliers bâlois, un pénis en bois et un vagin en peluche. Le débat entre Anita Cotting, directrice de Planes, l'organisation faîtière de l'éducation sexuelle et Olivier Dehaudt, président de l'association Choisir la vie (anciennement Oui à la vie).

Education sexuelle à l’école obligatoire: ce qui est prévu.
Des cours d’éducation sexuelle truffés de toutes sortes d’«instructions pratiques», et ce, déjà pour les enfants à partir de quatre ans: c’est ce que projette la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) par son secrétariat à Berne, en collaboration avec l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Ces leçons d’éducation sexuelle, obligatoires pour les enfants et les jeunes de 4 à 15 ans dans toutes les écoles, ont été planifiées à l’insu des directeurs cantonaux de l’instruction publique, pourtant responsables de la conception de l’enseignement dans son ensemble. De plus, toute intervention des parents est exclue: ils ne peuvent influencer ni le contenu des cours, ni les moyens d’enseignement. On veut aussi leur interdire de faire dispenser leurs enfants de ces leçons, alors même que l’éducation sexuelle est un devoir qui incombe en premier lieu aux parents.
Un «Centre de compétences pour l’éducation sexuelle à l’école» a déjà été mis en place à la Haute Ecole Pédagogique de Suisse centrale (PHZ), sans que les cantons aient leur mot à dire à ce sujet. On y élabore actuellement des «programmes d’enseignement» et du «matériel pédagogique», que certaines écoles utilisent déjà en partie. Ce que prévoit la PHZ est radical et scandaleux: l’on trouve dans ses projets des instructions détaillées ou des liens (recommandés) concernant des pratiques sexuelles concrètes telles que sodomie, fellation, rapports homosexuels, etc. Certains auteurs se perdent dans des propos sexuels vulgaires et la limite de la pornographie est régulièrement franchie. L’on ne peut s’empêcher de se demander: est-ce que les «éducateurs sexuels» à l’oeuvre ici sont pédophiles ou avides de pornographie?
Dans une démocratie, il est inadmissible qu’un tel «enseignement» soit introduit derrière le dos des directeurs cantonaux de l’instruction publique, qui sont directement responsables devant le peuple. Il est aussi inacceptable que toute intervention parentale soit rigoureusement exclue.
Nous exigeons: Les directeurs de l’instruction publique élus dans les cantons doivent assumer personnellement la pleine responsabilité de l’éducation sexuelle scolaire dans leurs cantons respectifs. Il est hors de question que celle-ci soit obligatoire: l’éducation sexuelle incombe avant tout aux parents. Il faut aussi exclure une éducation sexuelle «interdisciplinaire». Les parents qui ne sont pas d’accord avec l’éducation sexuelle scolaire doivent pouvoir faire dispenser leurs enfants de cet enseignement sans autre justification.
Une idéologie qui ruine la famille
Au fondement des cours d’éducation sexuelle prévus par la PHZ se trouve l’idéologie du «Gender Mainstreaming», qui revendique l’«équivalence de toutes les orientations sexuelles». Ce programme de rééducation sexuelle décrie le mariage et la famille comme une «contrainte bourgeoise» dont il faudrait enfin se libérer. D’après l’idéologie du «Gender», le genre d’une personne n’est pas donné de façon définitive. Dans le but d’anéantir le modèle familial profondément enraciné dans le christianisme et basé sur la fidélité, l’on veut enseigner aux enfants (à partir de cinq ans) que le genre d’une personne n’est pas fixé une fois pour toutes. L’on ne veut plus que les garçons soient des garçons ni les filles des filles, mais au contraire que les enfants apprennent tôt qu’ils ont le droit à tout moment de changer d’identité sexuelle. La transsexualité est revendiquée comme un droit de l’homme. L’administration bernoise a déjà produit un «guide linguistique» qui prescrit le remplacement des termes de «père» et de «mère» par «le parent».
Nous demandons: est-il acceptable qu’une telle idéologie domine l’éducation sexuelle à l’école?
Exemples
Nous renonçons expressément à introduire ici des illustrations pornographiques tirées des programmes d’enseignement et du «matériel pédagogique» mentionnés ci-dessus. Mais nous soulignons que de tels «moyens d’enseignement» ne doivent en aucun cas être utilisés pour les cours d’éducation sexuelle à l’école obligatoire en Suisse (c’est-à-dire pour des enfants à partir de quatre ans et pour des élèves jusqu’à quinze ans). Nous ne citons pas non plus les textes originaux qui se trouvent dans ce «matériel didactique» et qui comportent des «instructions» choquantes et détaillées, en particulier au sujet de pratiques sexuelles totalement perverses. Certains médias suisses en ont présenté des extraits et des illustrations en mai 2011.
Et la protection de la famille?
La Constitution fédérale suisse accorde une protection particulière à la famille (art. 14 et 41 c) et reconnaît par là les racines chrétiennes qui ont donné naissance non seulement à la famille, mais aussi à notre Constitution elle-même. Ainsi, la famille est un mode de vie privilégié en Suisse – le souverain l’a arrêté expressément. C’est donc une violation de la Constitution fédérale que de chercher à arracher les enfants à l’autorité parentale en vue d’une éducation sexuelle motivée idéologiquement et dont les contenus ne se distinguent souvent pas de la pornographie.
Les enfants du degré primaire se trouvent dépassés et profondément troublés par des contenus sexualisés, voire pornographiques, qu’ils n’arrivent pas à digérer. Inviter expressément des enfants à essayer des pratiques sexuelles sur eux-mêmes ou sur des camarades du même ou de l’autre sexe, c’est clairement violer la protection que la Constitution fédérale garantit explicitement aux mineurs (art. 11). Si des projets anticonstitutionnels se mettent en place à l’école obligatoire, les directeurs cantonaux de l’instruction publique élus par le peuple doivent intervenir impérativement et sans délai.
91'800 signatures
C'est le nombre de signatures qui ont été déposées début octobre à la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP). La CDIP entend répondre aux pétitionnaires à une date ultérieure. Si vous désirez être informé de la suite de cette pétition, inscrivez-vous à notre newsletter.






Image tirée du livre "Das bin ich - von Kopf bis Fuss", recommandé par le centre de compétence pour l’éducation sexuelle à l’école, pour les enfants de 4 à 8 ans.